PORTRAIT DE Julien LEHUGER

Dites-nous en un peu plus sur vous !

A l’âge de 12 ans, j’ai dû me rendre chez un kinésithérapeute qui m’a beaucoup inspiré : Il avait constamment le sourire et apportait du bien-être à chaque séance (les magazines sportifs, nos discussions sur le football, la musique dans son cabinet y étaient pour beaucoup. Ce travail combinait le plaisir et le travail. J’avais trouvé ma voie ! Après le diplôme de kiné, dès la première semaine de travail, quelque chose m’a interpelé. J’étais doué pour rééduquer suite à des interventions chirurgicales, dans le cadre de pathologies importantes, mais beaucoup de patients (une majorité, même) venaient avec simplement des douleurs, mais qui leur gâchaient la vie. Et là, il me manquait beaucoup de clefs pour répondre à leurs besoins. Constat de décalage entre la formation kinésithérapique en centres ou hôpitaux et la réalité libérale. J’ai alors croisé le chemin d’un kiné, étudiant en ostéopathie qui savait débloquer les vertèbres miraculeusement ! C’est ainsi que 2 mois après mon diplôme je me suis retrouvé au COS à Nantes en formation continue. Et là : nouvelle révélation. Moi qui avait toujours dû beaucoup travailler lors de mes études, pour la première fois de ma vie, chaque chose qui m’était transmise semblait s’intégrer immédiatement… Un délice ! Mon diplôme en poche, je réalisais sur 2 années ma transition vers l’ostéopathie exclusive. Dans cette même période, un profond bouleversement intérieur s’opéra. Âgé de 28 ans, j’avais jusqu’alors toujours avancé tête baissée, m’étais mis au service des autres sans jamais m’être posé la question de mon bien-être. Et au moment d’aborder la paternité, une explosion émotionnelle se réalisa : une profonde crise existentielle face aux peurs jusqu’alors retenues et tout le bagage émotionnel qui les suivaient. Je décidais alors de vivre pleinement le tumulte (sans accompagnement, ni médicaments) et à ma grande surprise, après plusieurs semaines de lutte intérieure, quelque chose en moi abandonna enfin… L’agitation laissa émerger le calme, la peur laissa place à une force profonde, la tristesse me fit découvrir la joie. Ne sachant pas trop ce qui venait de se passer, j’avais alors l’impression d’être rentré à la maison, à l’intérieur de moi et découvris l’intensité de l’instant présent. Le sentiment d’étroitesse intérieure avait laissé place à une vastitude qui me reconnectait au monde qui m’entourait. J’ai, à cette époque, beaucoup lu, exploré, fait des séminaires loin de l’ostéopathie sur des soins énergétiques, de libération émotionnelle pour essayer de comprendre ce qui m’était arrivé et de découvrir ces forces intérieures que je n’avais jusqu’alors jamais soupçonné. Au fil des années, les choses se sont clarifiées sur les rouages du fonctionnement psychique et émotionnel des humains et le lien avec l’ostéopathie ne tarda pas à venir. En 2015 on me proposa d’entrer à l’Institut d’Ostéopathie de Rennes où j’enseigne les techniques myofasciales, d’Energie Musculaire, ainsi que des cours de synthèse. J’y accompagne également les prises en charges cliniques, encadre des mémoires… J’ai beaucoup de plaisir à transmettre et les étudiants me le rendent vraiment bien.


Quel regard portez-vous sur l’ostéopathie aujourd’hui ?

 

« Je n’ai pas connu les difficultés d’intégration de l’ostéopathie auprès du monde médical, car j’en suis issu, mais je suis soulagé de voir les ponts qui se font peu à peu avec celui-ci» »

L’Ostéopathie est en pleine ébullition depuis 2007 et je trouve que la profession se structure à grande vitesse. Lorsque je me suis inscrit en école d’ostéopathie j’y allais plus pour des compétences qu’un diplôme, la loi Kouchner de 2002 n’avait pas encore de décret d’application et diverse professions de Santé tentaient de s’emparer de l’ostéopathie. Lorsque je vois où nous en sommes 15 ans plus tard, quel chemin parcouru ! Je n’ai pas connu les difficultés d’intégration de l’ostéopathie auprès du monde médical, car j’en suis issu, mais je suis soulagé de voir les ponts que se font peu à peu avec celui-ci. La place de l’ostéopathie est encore loin d’être celle qu’elle mériterait tant elle sait réaliser des choses que nulle autre profession offre aux patients. C’est une situation assez unique en son genre : une profession légiférée par le plébiscite des patients. Elle est encore jeune aux yeux du grand public et nous pouvons être fier du chemin parcouru car chacun y contribue quotidiennement. La recherche scientifique, les neuro-sciences, ouvrent également des portes à une compréhension plus large de ses bien-faits et finira naturellement par convaincre ses plus grands détracteurs.

 

Quels sont les ostéopathes ou autres personnages qui vont ont inspirés tout au long de votre carrière ? 

Suite à la période où j’ai exploré beaucoup d’approches éloignées de l’ostéopathie, une rencontre a changé ma vie et ma pratique : celle de Bruno Conjeaud. Je le vois aujourd’hui comme mon mentor, lui même très proche de Pierre Tricot, Bruno Ducoux, et tellement singulier en même temps. Il est une source inépuisable d’inspiration à travers ses formations alliant des connaissances en médecine énergétique chinoise, hypnose, approche amérindienne… Avec un cœur immense il livre tout ce qu’il sait, sans filtre et avec beaucoup de sincérité. Bruno a mis des mots sur des perceptions que je ne pouvais nommer, sa rencontre a structuré ce qui me semblait impossible. Je l’en remercie infiniment. J’ai une approche très ouverte au monde, aussi, chaque rencontre me permet de découvrir un nouvel angle de vue et j’aime continuer de grandir chaque jour.

 

À quel moment avez-vous ressenti le besoin de transmettre ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?

Avant le bouleversement intérieur, j’étais introverti et il m’était difficile de m’exprimer en public. Je pressentais pourtant être fait pour transmettre. Étudiant, je donnais des cours particuliers pour des collégiens et lycéens et j’aimais ça. Lorsque cette porte intérieure s’ouvra, quelques mois plus tard (heureuse coïncidence !) on me demanda si j’accepterais de réaliser un journée de formation « gestes et postures ». Et là, une petite voix intérieure me dit : « Enfin, tu vas pouvoir faire cette expérience ! ». J’ai accepté, j’ai adoré ! Quelques années plus tard, lorsqu’on me proposa d’enseigner à l’Institut d’Ostéopathie de Rennes, j’acceptais en avisant que je viendrais tant que je m’y rendrais avec le sourire… Le sourire est toujours là…
 
 

Quelle(s) formation(s) animez-vous  ?

J’anime les formations intitulées « L’Ostéopathe Au Cœur de l’Attention », pour les 3 niveaux : 

– Niveau 1 : Bases de l’Ostéopathie Somato-émotionnelle. Le Corps, Matière Vivante 

– Niveau 2 : Libération Somato-émotionnelle en Ostéopathie 

– Niveau 3 : Toucher et Conscience 

J’ai choisi un lieu de séminaire en Bretagne, au calme où nous sommes accueillis en toute simplicité dans une ferme-auberge qui propose gîte et couverts, permettant aux personnes habitant loin de n’avoir rien à organiser à part le trajet.

Pourquoi avez-vous créé cette ou ces formation(s) ?

Lorsque j’ai commencé à enseigner, au bout de 2 ans, des nouveaux diplômés ont commencé à me demander si je ne pourrais pas proposer des formations. Ils me disaient qu’en clinique et en stage au cabinet ils voyaient un chemin qu’ils souhaitaient emprunter, qui les inspiraient, mais qu’ils se sentaient limités et ne voyaient pas comment avancer vers ce qu’ils me voyaient faire. Pour moi, le limitations du praticien sont les freins de sa pratique : je ne peux traiter ce dont je n’ai pas conscience. Nous passons beaucoup de temps à regarder l’Autre, le Patient, à analyser sa posture, ses mouvements et interprétons selon nos convictions, nos croyances… Autant de filtres propres à chacun qui mènent chaque ostéopathe à un diagnostic unique, fruit de l’interaction entre lui et le Patient. En 2020, j’ai ressenti que le puzzle des différents chemins empruntés s’était assemblé, et une petite voix intérieure semblait me dire : « C’est maintenant ». J’attendais tranquillement ce top départ depuis quelques années. Ainsi, la formation que je propose s’appelle « L’Ostéopathe Au Cœur de l’Attention », car nous allons d’abord nous occuper de nous ! L’objectif est de mettre en relief les éléments qui filtrent son regard sur le monde et donc aussi sur le patient, puis de les libérer. J’ai défini pour le moment 3 niveaux, partant du corps et de l’expression des dysfonctions mécaniques et émotionnelles, pour aider à identifier l’acte de libération à mettre en œuvre selon l’origine de la dysfonction. Un même blocage d’une origine différente aura besoin d’un acte thérapeutique différent. Chaque séminaire a pour vocation d’autonomiser l’ostéopathe dans son rapport à lui-même face à ses émotions, ses pensées et lui apporter les outils lui permettant de faire de même avec ses patients.
 

 

Quels nouveaux outils vos futurs stagiaires auront en leur possession après avoir réalisé votre formation ?

Les outils principaux seront : 

– S’intégrer au champ d’Attention porté sur le patient 

– Utiliser son corps pour percevoir l’origine des dysfonctions de notre patient 

– Accompagner une libération émotionnelle 

– Vivre sainement ses propres émotions 

– Vivre sainement ses pensées 

– Techniques de libération mécanique tissulaire

Le mot de la fin ?

J’ai décidé d’ouvrir cette formation au delà de la Bretagne et du microcosme Rennais car je ressens que nombreux peuvent être les ostéopathes à ressentir des agitations intérieures. Ballottés par le quotidien des consultations et des zones de brouillard ou aspirant à accompagner les besoins émotionnels émergeant parfois lors de leurs consultations. Nous rencontrons chaque jour des miroirs de tensions, des combats intérieurs que nous gardons secrets, alors que nous somme tous de même nature, vivons les mêmes doutes, les mêmes émotions. Je vous propose simplement, à ma mesure, de vous accompagner sur ce chemin intérieur pour ouvrir votre champ thérapeutique au delà de la structure. Si cela résonne pour vous, j’aurai plaisir à vous rencontrer. Merci d’avoir pris le temps de me lire !

Suivez-nous sur les réseaux !

Commentaires

  • Hesbert-Bonnier
    30/09/2021 at 8 h 17 min

    Merci pour vos mots et l’authenticité de votre discours.
    Je suis heureuse de lire ce que vous avez la sagesse de dévoiler : votre parcours, votre mission de transmission et la simplicité qu’il peut y avoir à être à la juste place. Cela renforce ma croyance que travailler avec plaisir, légèreté et passion participe à notre bonheur.
    Vous contribuez à ce que l’ostéopathie puisse préserver une belle place dans le royaume du soin.
    Au plaisir de la vie.
    Christine H-B-

Ajouter un commentaire