Maurice Maggio ostéopathe et formateur

PORTRAIT DE Maurice Maggio

Dites-nous en un peu plus sur vous !

Jeune diplômé en kinésithérapie, très critique sur l’approche symptomatique des traitements alors, à ma disposition, j’ai eu la chance de faire la rencontre d’un ostéopathe, Pierre Gaye, qui est venu me libérer de cet état de frustration dans lequel je me trouvais à ce moment là. Initié aux principes fondamentaux de l’ostéopathie et après la mise en application de quelques techniques, démontrant leur efficacité, j’ai su intuitivement que j’avais trouvé ma voie…Après avoir été formé et diplômé par le Collège « Eurostéo » en 1991, j’ai fait le choix d’exercer exclusivement l’ostéopathie, bien que, celle-ci, soit qualifiée d’exercice illégal de la médecine, à cette époque là. 40 années de vie professionnelle, dont 30 en tant qu’ostéopathe, agrémentées de diverses formations (médecine chinoise, morpho analyse, etc…), d’expériences vécues en Inde (Médecine Ayurvédique) et au Canada (Médecine Amérindienne) m’ont amené à considérer l’ostéopathie non pas comme une juxtaposition de techniques mais comme une médecine à part entière. C’est-à-dire une approche complexe des différents constituants de l’être humain (Corps-Âme-Esprit) et de leurs déséquilibres. Mon expérience de thérapeute et de formateur me permet d’affirmer, maintenant, qu’être ostéopathe, c’est l’être autant dans son cabinet que dans sa propre vie.


Quel regard portez-vous sur l’ostéopathie aujourd’hui ?

 

« Les divergences historiques, entre l’ostéopathie « naturelle et humaniste » de STILL et celle « mécaniste et scientifique » de LITTLE JOHN sont, malheureusement, toujours d’actualité.« 

Même si l’ostéopathie n’est toujours pas considérée comme une profession à part entière, c’est une pratique qui est, aujourd’hui, connue et reconnue de tous. Son enseignement est officiellement organisé dans des établissements agréés mais, paradoxalement, l’ostéopathie enseignée aujourd’hui insiste plus sur les techniques, leur technicité et les sciences médicales que sur le concept ostéopathique et les principes de base de son père fondateur, A.T. STILL. Ce profond déséquilibre se traduit, à l’arrivée, par une approche trop symptomatique des effets sur un patient.Les divergences historiques, entre l’ostéopathie « naturelle et humaniste » de STILL et celle « mécaniste et scientifique » de LITTLE JOHN sont, malheureusement, toujours d’actualité. Par expérience, il est plus difficile d’inculquer et d’évaluer le savoir être ostéopathe que d’enseigner des dizaines de techniques différentes ou des sciences médicales bien répertoriées.

Quels sont les ostéopathes ou autres personnages qui vont ont inspirés tout au long de votre carrière ? 

Etrangement, aucun ostéopathe ne m’a particulièrement inspiré, si ce n’est celui qui, m’a mis le pied à l’étrier et fait découvrir le monde de l’ostéopathie. Je n’ai jamais ressenti le besoin de me référer à un « totem », mis à part nos illustres ainés A.T. STILL, W.G. SUTHERLAND, BECKER…etc. Je voudrai rendre, ici, un hommage particulier à Pierre TRICOT, qui, par ses traductions d’ouvrages de base sur l’ostéopathie, nous a permis d’accéder à des écrits d’auteurs connus et méconnus, d’une grande richesse tant, sur le plan des valeurs que du concept de l’ostéopathie. Je suis, par ailleurs, très reconnaissant à l’égard de la personnalité et de l’originalité de chaque ostéopathe ou autres professionnels de santé, rencontré lors de ma formation et par la suite. Leurs apports ont participé à entretenir la flamme passionnée de la curiosité. Sans oublier, l’apport capital des patients et des étudiants, qui, pendant ces années, par leurs demandes et échanges ont été les moteurs de mon évolution. Tout ceci est une forme d’alchimie subtile, où chacun a su apporter ce petit quelque chose qui fait que, nous devenons, à un moment donné, nous-mêmes.

À quel moment avez-vous ressenti le besoin de transmettre ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?

Tout s’est fait le plus naturellement qu’il soit. J’ai commencé, une fois diplômé, par être assistant puis enseignant, à la demande de mes formateurs. Puis j’ai fait partie de l’équipe enseignante responsable pédagogique et enfin co-directeur des études de l’un des 1ères écoles historiques temps plein en ostéopathie : l’Institut Supérieur d’Ostéopathie d’Aix en Provence. J’y ai enseigné les techniques de Mitchell et de Sutherland, l’ostéopathie crânienne, le concept et la philosophie de l’ostéopathie etc… toujours animé par le désir de partage et le besoin d’accompagner des étudiants dans une démarche la plus proche des valeurs originelles de l’ostéopathie. Ce parcours s’est déroulé sans encombre jusqu’au jour où il y eu l’élément déclencheur, mais dans le sens où, j’ai décidé d’arrêter en 2015, et, pris du recul par rapport à l’enseignement et à son organisation administrative. J’ai pris conscience, alors, que le contexte proposé, ne me permettait plus d’enseigner selon mes convictions et mes aspirations.

Quelle(s) formation(s) animez-vous  ?

Comme évoqué plus haut, après avoir enseigné dans plusieurs établissements de formation initiale et de formation continue, et, animé, aussi, des formations en post-grad pendant plus de 20 ans, j’ai choisi de prendre de la distance par rapport aux orientations prises par les différentes écoles. J’ai pu ainsi mettre ce temps à profit pour me consacrer à mon exercice libéral, au service des patients et au travail d’approfondissement rendu possible, par la richesse de nombreux écrits qui enrichissent la bibliothèque ostéopathique.

Pourquoi avez-vous créé cette ou ces formation(s) ?

Tout d’abord par envie et, surtout, besoin de transmettre l’expérience accumulée, afin de rendre à l’ostéopathie ce que cette profession m’a apporté. Un de mes objectifs est de faire comprendre aux jeunes ostéopathes ou aux moins jeunes, qu’être ostéopathe n’est pas simplement appliquer une technique, même bien faite, sur un symptôme. C’est comprendre qu’être ostéopathe c’est travailler sur la santé, sur la Vie, sur ce qui nous anime et non sur la maladie. Il suffit de faire le lien entre le concept et la pratique du soin. Revenir à l’essentiel de ce que nous ont transmis nos illustres prédécesseurs est devenu, pour moi, une évidence. L’ostéopathie est la loi de l’Esprit, de la Matière et du Mouvement, nous disait A.T. Still. Il fait, ainsi, référence à la tripartition de l’Etre : Corps, Âme, Esprit. De cette tripartition dépend l’Unité du corps, un des principes majeurs. L’Unité harmonieuse des différents plans constitutifs de l’être : physique, émotionnel, mental et spirituel. Elle est la source même, de l’état de santé de l’être humain.
 

 

Quels nouveaux outils vos futurs stagiaires auront en leur possession après avoir réalisé votre formation ?

Le cours proposé s’intitule « Porter un autre regard sur l’axe vertébral ». Il propose d’appréhender la colonne vertébrale d’une manière originale en accord avec les principes évoqués plus haut, où l’Axe Vertébral est la demeure ou, encore, l’« écrin » véritable du Potentiel de Vie. Il permet, enfin, à partir d’un travail réflexif reposant sur une expérience pratique simple et une expérience ressentie, de prendre conscience que les notions développées par le concept ne sont pas des vains mots, mais qu’ils appartiennent à une réalité pratique efficace.Une des clés de cet écrin sera la dysfonction vertébrale, la repérer, la définir et la corriger. Une 2ème clé sera de libérer le Potentiel de Vie et de le faire s’exprimer: « l’effet diapason ».
 

Le mot de la fin ?

Il est sous forme d’espoir, l’espoir de voir une majorité de techniciens de l’ostéopathie devenir des thérapeutes grâce à ce riche héritage que nous ont laissés nos ainés…Je souhaite à tous ceux qui ont pris ce chemin, même s’il est semé d’embuches, puissent le vivre avec autant de plaisir et de satisfaction que j’ai pu avoir tout au long de mon parcours, qui n’est pas prêt de s’interrompre, car l’essence de l’ostéopathie est source de Vie…
 
 
 
 

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