PORTRAIT DE JEAN DUCOURNEAU

Dites-nous en un peu plus sur vous !

J’ai terminé mes études de kinésithérapie en 1987. Après deux années de pratique à la Réunion où j’ai découvert l’ostéopathie, je commence mes études d’ostéopathie en 1989.
J’ai mis 10 ans pour faire mon cursus !
Pendant toute cette période j’exerçais en tant que kiné et je tenais une salle de gym à Bordeaux. Je m’occupais de l’équipe de Rugby de Bordeaux (stade Bordelais ) et j’étais sur les étapes de coupe du monde de surf à Lacanau et Hossegor.
C’est à partir de 2000 que j’ai choisi de devenir ostéopathe exclusif, très vite orientée en périnatalité.
Grâce au Docteur Elleau, j’ai pu exercer au service de néo-natalogie du CHU Pellegrin au contact de mes amis Laure Beustes, Bruno Ducoux et André Allain.
Par la suite, j’ai rejoint Claudine Ageron Marque au service cardiologie des enfants.
En 2002 je rentrais à la maternité Bagatelle où je m’occupais des Femmes en menace d’accouchement prématuré.
En lien avec la PMI de Bordeaux j’ai créé l’association Périnatalité et Ostéopathie où l’on reçoit des patients bénévolement une fois par mois. Tous les ostéos souhaitant s’y investir sont les bienvenus.
J’ai commencé ma carrière de formateur à la FROP à Bordeaux et à Paris au DU Périnatalité (Bichat) avec Thierry Leboursier.
La synergie de ces interventions m’a naturellement poussé à créer une formation post graduée en lien avec mon expérience de la périnatalité. Pour les kinés dans un premier temps et pour les ostéos depuis 2018 !!
Mon livre « Plagiocéphalie et torticolis chez le nouveau né » paru en 2018 se fait le relai de mon humble expérience. 

Quel regard portez-vous sur l’ostéopathie aujourd’hui ?

 

« Bien sur que l’époque est aussi différente qu’à mes débuts, c’est la course aux avis, aux likes, à l’image. »

Je crois que l’ostéopathie est riche de diversité actuellement. Les études sont vraiment denses, les post grad élargissent la position, le champ de vision du thérapeute. Dans les post grad, les stagiaires viennent chercher l’expérience, les recettes.
Je rencontre beaucoup de jeunes passionnés qui je suis sûr, porteront dignement l’esprit de l’ostéopathie Stillienne. Bien sûr que l’époque est bien différente qu’à mes débuts, c’est la course aux avis, aux likes, à l’image. Cela pousse à des débordements peu en accord avec la philosophie et l’éthique de l’ostéopathie. Mais je ne suis pas épargné par ce cirque, la preuve en ce moment même où je fais étalage de mon cursus. Ce qui compte c’est que nous restions dans la meilleure posture vis à vis du patient, du bébé et de sa maman, qu’ils restent au centre de nos préoccupations.
Il y a trop d’ostéopathes formés, c’est un certitude, et je me demande dans quel état d’esprit sont les actionnaires à la tête financière des écoles. J’ai bien peur qu’ils manquent de bienveillance vis à vis des élèves et fassent de la formation uniquement un fond de commerce.

Quels sont les ostéopathes ou autres personnages qui vont ont inspirés tout au long de votre carrière ? 

Françoise Laborie ma première enseignante, François Loizeleur, Bruno Ducoux, Claudine Ageron Marque, Gérard Sueur, Pierre Tricot, Raymond Solano, James Jealous, Rollin Becker, Viola Frymann, WG Sutherland « il est toujours nécéssaire d’instaurer une bonne relation patient-praticien et de permettre au processus interne de manifester son potentiel inhérent et la force motrice nécessaire à la correction, plutôt que d’impulser une force aveugle qui vient de l’extérieur » et Françoise Mézieres, kinésithérapeute, qui a écrit « on est moins soumis à la gravité qu’à ses tensions internes » une vision très ostéopathique. 

Photo de Jean Ducourneau à ses débuts 

À quel moment avez-vous ressenti le besoin de transmettre ? Y a-t-il eu un élément déclencheur ?

Mes premiers stagiaires sont les patients. Le terreau de mon enseignement reste le cabinet. D’abord convaincre les patients par les faits, le ressenti, les effets de notre travail. Puis, parfois, leur expliquer les mécanismes, notamment en périnatalité pour les plagiocéphalies par exemple. Cela permet de donner un peu de projection au travail et au projet de soin. Les premiers supports et les premiers dessins qui illustrent mon livre et mes cours étaient pour mes patients.
C’est aussi et surtout la volonté de convaincre les autres professionnels de santé de travailler avec nous qui m’a demandé d’expliquer, argumenter et sortir de ma zone de confort. Ces expériences et confrontation ont fait de moi le formateur et enseignant d’aujourd’hui.

 

Quelle(s) formation(s) animez-vous  ?

L’intitulé générique de mon institut c’est Périnatalité et Posture. Actuellement le module pour les ostéos , c’est « Plagiocéphalie torticolis et postures ». Je suis l’intervenant principal de ce post grad .
Nous aborderons la physiopathologie de la plagiocéphalie, ses conséquences pour le bébé ainsi que ce que nous pouvons faire.
L’objectif est de rester connecté à la Dyade (mère-enfant) via la grossesse, l’accouchement ainsi qu’aux informations transgénérationnelles. Ces informations nous permettront de mieux cerner la genèse de l’enfant et de se projeter sur l’avenir à travers sa posture.
Nous sommes tous porteurs de ces informations qu’il convient d’apprendre à décoder. Le décodage postural que je propose est un outil de tous les jours qui est un recueil d’informations aux services du soin.

Ma volonté de travailler en commun avec d’autres professionnels de santé m’amène à convier régulièrement des invités comme à Bordeaux avec le Dr Coat qui est une référence de l’orthodontie fonctionnelle. Cécile Cape, kinésithérapeute, viendra présenter sa prise en charge sur les plagiocéphalies. Cecile Bahier évoquera les réflexes archaïques. Julie Labouesse qui travaille très tôt sur les bébés en orthophonie.
Pour finir, cette année à Paris c’est un optométriste fonctionnel qui parlera de son travail en cohérence avec les asymétries, les plagiocéphalies et les réflexes archaïques. Formation à laquelle j’aurais le plaisir d’être assisté par Eliott Mahier, un jeune ostéopathe qui a déjà suivi mon cursus de formation.

Pourquoi avez-vous créé cette ou ces formation(s) ?

Dès le début de mon engagement en périnatalité, les plagiocéphalies étaient la majorité des motifs de consultations que je recevais. Il y a 20 ans, il y avait des ostéos déjà engagés en périnatalité mais tout était à faire en matière d’enseignement, d’organisation du traitement et de pluridisciplinarité. Le pédiatre ne s’ occupait pas des plagios, le kiné non plus ou très rarement. D’où l’idée petit à petit de devenir plus performant dans la prise en charge globale. Progressivement j’ai ajouté mon concept de décodage, de projection et d’organisation du traitement. L’enseignement est venu de fait. La plagio n’est pas un travail analytique sur le bébé. Nous sommes des globalistes et dans cette prise en charge nous incluons la maman mais aussi l’environnement. Cela nécessite un savoir et une pratique spécifique plus qu’une spécialisation.

 

Quels nouveaux outils vos futurs stagiaires auront en leur possession après avoir réalisé votre formation ?

« La meilleure table c’est nous ou la maman. »

Ce n’est pas tant les techniques, nous en avons déjà largement suffisamment, mais c’est comment les utiliser. Découvrir une expérience de pratique et de prise en charge, des astuces pour pouvoir utiliser l’énergie du bébé et non pas la contraindre. Et encore une fois le décodage postural et la projection. Mon cours sera transposable pour tous les âges. La plus value c’est aussi l’interrogatoire avec l’anamnèse et le bilan qui se font souvent simultanément avec le travail couplé aux infos que nous recevons du bébé , c’est aussi des techniques adaptées aux situations. Travailler sur un bébé n’est pas évident surtout lorsque l’âge avance. On n’immobilise pas un bébé, on le pose pas sur la table alors comment appliquer des techniques souvent apprises et exécutées sur des adultes qui ne bougent pas ? La meilleure table c’est nous ou la maman.

 

Le mot de la fin ?
Heureux de transmettre pour les professionnels quel que soit leurs niveaux, leur donner confiance, enlever les peurs et les doutes en n’oubliant pas que l’ostéopathie est une vision, un concept global et pas seulement une bibliothèque de savoir et une série de techniques. Etablir le meilleur contact, c’est aussi être à l’écoute de soi, de ses peurs, de ses doutes de ses sensations comme disent les gestal thérapeutes. Respectons-nous, respecter nos patients en communion avec l’environnement.

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